Multiples

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La co-présence

Début de Plume

 

 

 

 

 

Il y a quelques jours, ma mère me posait des questions à propos des switchs. J'ai failli lui faire un exposé complet (ne jamais me poser une question si vous ne voulez pas de réponse détaillée...) mais au dernier moment je me suis rappelée que l'on était à table, qu'il était 20h30, et que si je partais trop dans les détails, on y serait encore à 23h.

Donc j'ai réussis à faire simple (miracle), mais du coup ça m'a fait réfléchir à la façon dont on perçoit la chose.

Et alors que j'étais partie pour être la seule à écrire, les autres ont voulu rajouter leur grain de sel, alors voilà ce que ça donne pour chacun d'entre nous (du moins ceux qui ont déjà été en co-présence).

Rappelez-vous bien que tout au long de cet article, on parle de ce qui nous arrive à nous. Tous les systèmes ne fonctionnent pas pareil.

 

 

 

Plume

 

Déjà, la co-présence peut arriver de deux façons : volontairement ou involontairement. Dans les deux cas, on reste co-conscient, c'est-à-dire que l'on sait qu'il y en a un autre au contrôle avec nous, et on perçoit les pensées de chacun.

Au début, la co-présence involontaire était la seule que l'on pouvait espérer. Ma peur de perdre le contrôle m'empêchait de "faire un pas en arrière" et de laisser la place à quelqu'un d'autre.

 

Au fil du temps, j'ai appris à arrêter de flipper et de tempérer mon sentiment de malaise, et à laisser les autres avoir droit à une vie extérieure eux-aussi. Mais il faut que je fasse attention à rester en arrière, sinon j'ai tendance à reprendre le contrôle en partie et on finit par ne plus savoir qui est qui et qui fait quoi. Les émotions des deux se mélangent, se fondent, deviennent un vrai bazar et on finit par fixer le clavier sans pouvoir écrire parce qu'on veut écrire deux choses différentes en même temps ; ou à s'interrompre avant même d'avoir commencé à parler parce qu'on n'est pas d'accord sur ce que l'on va dire.

 

Quand un autre alter est co-présent avec moi, le plus souvent il prend toute la place au front, et j'ai alors l'impression de devenir "lui", mais tout en restant "moi". Je perçois tous ses sentiments, émotions, réactions, mais garde également les miennes.

Le plus perturbant c'est quand c'est un des garçons qui vient au contrôle (ce qui est le cas 90% du temps). Si on y fait pas attention, on accorde tous les adjectifs au masculin de façon tout à fait naturelle... et je n'ai pas pour habitude de parler de moi au masculin.

 

Aussi, quelque soit l'alter au contrôle, on évite les miroirs, et ce pour la même raison : on ne se reconnaît pas dedans. Eux me voient moi, moi je les vois eux. Enfin pas eux dans le sens littéral. C'est plutôt l'impression que le corps à l'air plus masculin ou plus féminin que la normale, que l'expression du visage n'est pas la mienne, etc. De leur côté, ils ont un physique qui leur est propre dans le monde intérieur, différent de celui du corps que l'on partage, ils ne peuvent donc pas se reconnaître quand ils sont au contrôle.

Le langage corporel change aussi. Quasiment la totalité de mon système est plus confiant que moi, aussi j'ai parfois du mal avec l'air totalement à l'aise qu'ils prennent, alors que je ne le suis absolument pas et que j'aurai préféré me faire plus petite.

En bref, ça me met en général mal à l'aise, même si ça ne me dérange plus autant qu'avant.

 

 

 

Daemon

 

La co-présence dans un corps du sexe opposé, c'est la chose la plus étrange qu'il puisse arriver, d'autant que le corps est plus petit que moi et qu'il a besoin de lunettes.

Donc en plus d'avoir des attributs en plus ou en moins, je dois constamment me rappeler que non, je ne mesure par 1m81 ; que oui, on porte des lunettes ; qui oui, les cheveux sont longs ; que non, je n'ai pas l'air d'un homme ; et qu'il faut que je fasse attention à ne pas accorder au masculin quand je suis en présence de gens qui ne sont pas au courant.

Le plus étrange reste cette sensation de sentir mon propre corps comme par-dessus le corps physique. Je pense que la sensation ne doit pas être loin de celle d'un membre fantôme.

Si j'évite les miroirs, c'est à cause de tout ça. Les sensations sont déjà étranges, mais si en plus on y rajoute un visage qui ne m'appartient pas, tout ça devient carrément glauque à mes yeux.

Malgré tout, cela reste agréable d'être au contrôle de temps à autre, de façon volontaire, et non pour remettre à leur place des gens ayant oubliés que les autres ne sont pas tous des paillassons.

 

 

 

Kaleb

 

Je crois que je suis l'un de ceux qui s'amuse le plus à être en co-présence. Je me fiche un peu que le corps ne ressemble pas au mien, dans la mesure où je peux faire en sorte qu'il s'en rapproche un peu, avec la façon de se coiffer, de s'habiller, de se tenir.

Je ne trouve pas ça spécialement étrange. Oui bon ok, ça fait bizarre de pas voir sa propre tête dans le miroir, mais ça nous fait bien marrer, avec Plume, quand je me mets à tester des coiffures pseudo-emo, et pour ça y'a besoin d'un miroir. J'ai fini par m'habituer à ça.

La seule chose à laquelle je pourrais jamais, mais alors jamais m'habituer, c'est la poitrine. Sérieusement, à quel moment l'évolution s'est dit que c'était cool d'avoir des machins pareils ?

Si on me pose vraiment la question : oui, j'aimerai avoir mon propre corps. Mais si on oublie le fait que ça n'arrivera jamais, celui-là est cool pour une chose : si j'ai pas envie qu'on vienne me faire chier, on ne peut pas.

 



21/04/2017
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