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Les alters non-humains

Ecrit par Plume

 

 

 

 

Les alters non-humains provoquent souvent des haussements de sourcils de la part d’un peu tout le monde, même parmi la communauté multiple. Ceux qui n’en n’ont pas peuvent avoir du mal à imaginer la chose, pourtant évidente si l’on part du principe que la visualisation d’un système est remplie de symboles.

 

Quand une situation abusive commence assez jeune pour que l’on développe un trouble dissociatif, elle peut arrivé également assez jeune pour que l’identification à l’espèce en soit perturbée, et ce pour plein de raisons.

 

L’agresseur ne traite pas les autres comme il traite l’enfant, c’est que l’enfant ne doit pas faire partie du même groupe.

L’agresseur prend plus soin d’un animal que de l’enfant, l’enfant intègre les caractéristiques de l’animal afin de plaire à l’abuseur.

Les mécanismes de défense et de survie ne s’apaisent qu’en présence d’un animal, vu comme un individu stable et prévisible, ce que n’est pas l’agresseur.

L’agresseur pousse volontairement l’enfant à se considérer comme un animal.

etc.

 

Ainsi, le trauma peut avoir, et a souvent, un impact déshumanisant. On sait qu’on est humain, du moins physiquement, mais ça ne colle pas avec notre ressenti.

 

Comme dit au début, un système fonctionne sur la base de symboles et de valeurs de ces symboles. Par exemple, si l’enfant fait l’association « loup = agressivité », un loup protecteur sera l’image d’une agressivité vers l’extérieur, un loup persécuteur l’image d’une agressivité vers l’intérieur.

Ce n’est, bien entendu, qu’une énorme simplification.

Les identités des alters, que ce soit leur forme physique perçue, leur âge, leur genre, leurs capacités, tout ça est le résultat de symboliques imbriquées et qui peuvent être très complexes et uniques pour chacun des systèmes, mais aussi chacun des alters.

 

 

Le fait que la forme soit dépendante des symboles que l’enfant a assimilés et du besoin que ce symbole vient combler fait que celle-ci peut changer, que ce soit volontairement ou involontairement.

Les alters-animaux ou objets peuvent ainsi prendre une forme ou des capacités plus humaines (ou totalement humaine) quand ils sont au contrôle du corps.

 

Une chose qui peut être difficile a accepter pour les alters non-humains, c’est qu’ils ne sont pas véritablement non-humains. Ils se sentent non-humains, ils se vivent non-humains, mais ils ne réagissent pas et ne pensent pas comme tel. Ils réagissent et pensent comme les représentations inconscientes qu’ils ont de ces symboles. Et ces représentations inconscientes peuvent être très, très proches de la réalité.

Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il faut asséner aux alters non-humains qu’ils doivent arrêter leur comédie et commencer à se comporter comme des êtres humains normaux. Chaque alter a sa façon d’activer le cerveau, et les alters non-humains n’échappent pas à cette règle. Le seul moyen pour eux de développer un sens d’appartenance à l’humanité est de faire baisser le niveau de dissociation. Aussi, plus l’alter va quitter le mode « survie » et commencer à s’insérer dans des liens sociaux stables et sécurisants, moins il subira la dissociation et moins se sentira étranger à l’espèce humaine. Avec le temps, il pourra développer la capacité de prendre une forme humaine de temps en temps, (donc de se sentir humain par moment) et qu’il adopte cette forme de plus en plus souvent.

 



27/11/2018
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